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Culture


Dimanche 5 avril 2020 - Podcast francophones pour vous entourer en confinement



Pour les timides, les introvertis et pour tant d’autres casaniers, le concept de l’éloignement social n’a finalement rien de nouveau. Personnellement, j’ai toujours été du genre à apprécier la solitude, et les lectures des « How to be alone « de Sara Maitland et de « Chez soi » de Mona Chollet n’ont fait que me convaincre davantage de ses aspects positifs.

Bien plus qu’une inexorable source d’ennui, la solitude est un champs des possibles, où il fait bon créer, lire, dessiner, et écouter des podcasts par exemple ! Cela fait un peu plus d’un an que je me suis plongée dans cet univers sonore, qui fait maintenant partie de mes routines matinales. Aujourd’hui, dans un contexte highlandais, des voix amicales m’accompagnent lors de mes petits déjeuners parfois pluvieux…

Voici, mes coups de cœur parmi les podcasts francophones:
Les matins avec mon premier café du jour, j’adore écouter Vieille Branche : mon podcast préfère de tous les temps !

Produit par Nouvelles Écoutes – le studio de production cofondé par Julien Neuville et Lauren Bastide, figure de proue du podcast féministe avec La Poudre – cette émission nous amène à la rencontre des personnalités des lettres, de la politique, ou du cinéma,« qui ont fait le XXe siècle ». Des hommes et des femmes, tous âgés de plus de 70 ans, qu’interroge Marie Misset, journaliste et présentatrice. A son micro, nous dit-elle, leurs « souvenirs font notre histoire ». Pour ceux qui aimeraient se réconcilier avec Chronos...

Un peu avant le confinement, j’ai eu la chance de voir le film Le portrait d’une jeune fille en feu de Céline Sciamma au Filmhouse. Quelle belle occasion de repenser aux sujets traditionnels de la peinture occidentale et à la place des femmes artistes dans l’histoire de l’art! Dans une veine similaire, le podcast de Julie Beauzac au nom de « Venus le Podcast » explore les enjeux d’inégalités dans le milieu artistique. Né de l’expérience de sa créatrice dans le monde du marché de l’art, ce podcast s’inscrit dans la lignée des réflexions initiées par l’historienne de l’art Linda Nochlin dans son essai pionnier « Why Have There Been No Great Women Artists? » (1971). S’en sont suivies, depuis les années 80, les œuvres des artistes militantes new-yorkaises Guerilla Girls. La littérature à ce sujet demeurant majoritairement anglophone, je me réjouis de la découverte récente de ce podcast accessible en français!

Un autre produit des interrogations de Nouvelles Écoutes, « Splash» vulgarise les termes de l’économie et de la finance tout en répondant à des questions de société. Découvert lors d’un projet fintech, ce podcast m’a beaucoup plu avec son format dialogue entre Etienne Tabbagh et Laureen Melka. Pour ceux qui ont un jour l’ambition de lire « L’économie des inégalités » de Thomas Piketty, Splash sera un humble mais joli début.


French podcast that will help you feel less alone

For some of us like the shy, the introverted and other homebodies, the concept of social distancing is after all nothing new. I’ve always been the type to appreciate the time spent alone, and the readings of Sara Maitland’s "How to be alone" and Mona Chollet’s "Chez soi" have only convinced me more of the positive aspects of solitude.

Beyond being a mere source of boredom, it is a field of possibilities, where one can create, read, draw, or listen to podcasts for example! It’s been a little over a year since I immersed myself in this universe of sound, which became now a routine to me. Today, in the Scottish Highlands, friendly voices accompany me at breakfasts of cosy and rainy mornings.

Here are my favorites among the podcasts that I listen in French:

In the mornings with my first coffee of the day, I love listening to my all-time favourite “Vieille Branche”! Produced by Nouvelles Écoutes - a studio co-founded by Julien Neuville and Lauren Bastide, well known for her feminist podcast La Poudre - this program makes us meet personalities of culture & politics of the 20th-century, all aged over 70. Journalist and host of the show, Marie Misset says that their "memories made our history". A podcast for those, who would like to reconcile with Chronos...

A little before lockdown, I had the chance to see the film “The portrait of a lady on fire” by Céline Sciamma at the Filmhouse. What a great opportunity to rethink the traditional subjects of Western painting and the place of women artists in the history of art! In a similar vein, Julie Beauzac’s "Venus le Podcast" explores the issues of inequality in the art world. Following Beauzac’s experience in the art market, this podcast is in line with the issues that the art historian Linda Nochlin deconstructed in her pioneering essay "Why Have There Been No Great Women Artists? (1971). Since the 80s, New York-based feminist artists Guerilla Girls succeeded in keeping these relevant. The feminist theory of art history remaining predominantly in English, I am delighted that this podcast is available in French!

Another product of Nouvelles Écoutes’ niche positioning, "Splash" popularises the terms of economics and finance while attempting to answer social questions. Discovered during a fintech project, I liked this podcast for its dialogue format between Etienne Tabbagh and Laureen Melka. For those who have the ambition of reading Thomas Piketty’s "The Economy of Inequalities" someday, Splash could be a humble but helpful step.


©Article par Faika Cansin Stewart


Samedi 4 avril 2020 – Oui, vous pensez comme vous parlez


©Map by Ethnologue by SIL International

Vous êtes-vous déjà demandé si l’on pensait les mots de la même manière selon les langages utilisés ?

Professeur Lera Boroditsky en a fait son sujet d’étude et elle développe brillamment la question dans sa conférence TEDx Talk que vous pouvez trouver ici. Les humains communiquent à travers les vibrations de l’air qu’une personne crée et qui sont ensuite traduites en pensée dans le cerveau d’une autre personne. C’est le langage.

Le monde comporte a l’état actuel plus de 7000 langues différentes, avec des structures et des vocabulaires très distincts. Pr Boroditsky a par exemple étudié la langue Kuuk Thaayorre de la tribu indigène Thaayorre en Australie. Dans cette langue, il n’y a pas d’équivalent littéral de la droite ou la gauche pour s’orienter, comme dans les langues occidentales. Cette tribu utilise à la place, le Nord, le Sud, l’Est et l’Ouest (comme s’ils avaient une boussole en permanence dans le cerveau).

Cette notion de l’espace, plus affinée que la nôtre induit un sens très fort de l’orientation dans le cerveau des individus de cette tribu, qui ont beaucoup plus de facilités à se repérer dans l’espace que nous par exemple. La région de leurs cerveaux liée à l’orientation est donc plus active que la notre.

De plus, les langues diffèrent concernant les genres attribués au mot. Par exemple, le mot “pont” est féminin en allemand (brucke) et masculin en espagnol (puente). Ce que l’on observe est que si on demande à des Allemands de décrire les ponts, ils utiliseront des adjectifs stéréotypés féminins tels que “belle”, “élégante” tandis que les Espagnols décriront plutôt les ponts de “longs” ou “forts”, adjectifs que l’on associe plutôt à la masculinité (si on pousse le stéréotype là aussi …). Et vous, comment décririez-vous un pont ? Ou une baignoire ?

Tout cela m’a fait m’interroger sur ma deuxième langue maternelle, l’arabe. Il y a toujours eu des mots ou des expressions arabes intraduisibles en français, car elles renferment une idée qui ne fait pas partie de la culture française. Par exemple, le mot Ya’aburnee (يعبرني ) qui signifie littéralement enterre-moi, ne revêt pas du tout ce sens sombre en arabe. C’est une expression qui est plutôt une déclaration d’amour à ses proches, et qui émet le souhait que les personnes qui nous sont chères vivent plus longtemps que nous du fait de l’insoutenable douleur que cela représenterait de vivre sans eux. Je me suis donc demandé si par exemple cette expression démontrait une différence du concept de la mort entre les populations parlant l’arabe et les populations parlant d’autres langues. Peut-être une vision de la mort plus liée au destin des proches ?

Selon vous, quels mots ou expressions françaises sont intraduisibles en anglais ? Moi, je pensais au mot flâner qui me renvoie tout de suite à l’image d’une personne qui se laisse vivre dans les rues de Paris…


Yes, you think like you speak

Have you ever wondered if you think the same way depending on the language used?

Professor Lera Boroditsky has made it her subject of study and she brilliantly develops the issue in a TEDx Talk conference which you can find here. Humans communicate through the vibrations of the air that one person creates and which are then translated into thought in another person’s brain. It’s language.

The world currently has more than 7000 different languages, with very distinct structures and vocabularies. Professor Boroditsky, for example, studied the Kuuk Thaayorre language of the indigenous Thaayorre tribe in Australia. In this language, there is no literal equivalent of the right or the left to orient oneself, as in Western languages. This tribe uses instead, the North, the South, the East and the West (as if they had a compass permanently in the brain)

This notion of space, more refined than ours, induces a very strong sense of orientation in the brains of individuals of this tribe, who find it much easier to find their way in space than we do, for example. The region of their brains related to orientation is therefore more active than ours.

In addition, languages differ regarding the genres attributed to the word. For example, the word “bridge” is feminine in German (brucke) and masculine in Spanish (puente). What we observe is that if we ask Germans to describe the bridge, they will use stereotypical feminine adjectives such as “beautiful”, “elegant” while the Spanish will describe the bridge as “long” or “strong”. , adjectives that we associate more with masculinity (if we push the stereotype there too…). And you, how would you describe a bridge? Or a bathtub?

All of this made me wonder about my second mother tongue, Arabic. There have always been Arabic words or expressions untranslatable in French, because they contain an idea that is not part of French culture. For example, the word Ya’aburnee (يعبرني ) which literally means bury me does not have this dark meaning at all in Arabic. It is an expression which is rather a declaration of love to those close to us, and which expresses the wish that the people who are dear to us will outlive us because of the unbearable pain that it would represent to live without them. I therefore wondered if, for example, this expression demonstrated a difference in the concept of death between populations speaking Arabic and populations speaking other languages. Perhaps a vision of death more linked to the fate of the loved ones?

In your opinion, what English words or expressions are untranslatable into English? I was thinking of the word “flâner” in French which immediately brings me back to the image of a person who strolls, lingers peacefully in the streets of Paris ...


©Article par Hanna M’Kadmi


Jeudi 2 avril 2020 – Parlons un peu d’art, oui mais d’art volé !

« Imaginez un musée de l’art perdu. Il contiendrait plus de chefs-d’œuvre que tous les musées du monde réunis. »



©Livres de Noah Charney, The Museum of Lost Art & The Thefts of the Mona Lisa

L’Institut français d’Ecosse accueille dans ses murs, de temps à autres, des expositions d’art visuel d’artistes français ou sur le thème de la France. La France compte de nombreux artistes connus, passés et présents, et son histoire de l’art est une véritable mine d’or. Cependant, il y a un sujet qui a toujours piqué ma curiosité et qui reste, pourtant, peu abordé dans les curriculums d’enseignements de l’histoire de l’art : la criminalité dans l’art.

L’art est souvent associé à l’argent et à une idée de ‘richesse’. Appelé souvent ‘trésors’ quand il s’agit d’une antiquité ou bien ‘investissement’ quand il s’agit d’art contemporain, l’art convoitise et peut amener à une forme de criminalité comme les forgeries et vols.

Ceci n’est pas un concept nouveau et peut désormais être démontré à travers l’histoire (la Seconde Guerre Mondiale reste une période très intéressante à étudier si l’on s’intéresse aux vols d’œuvres d’art – je vous recommande également de regarder le film The Monuments Men sur ce sujet). En lisant les articles et livres de Noah Charney, fondateur et président de ARCA (l’Association pour la Recherche des Crimes contre l’Art), on découvre (ou redécouvre) de nombreuses affaires de vols d’œuvres d’art dont certaines se sont passées en France et restent à ce jour peu connu.

Avez-vous, par exemple, entendu parler du vol de La Joconde par l’italien Vincenzo Peruggia en 1911 ou encore de l’affaire des statuettes (qui impliqua Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso car le vol fut perpétré par Honoré-Joseph Gery Pieret, le secrétaire d’Apollinaire en 1907) et qui se passèrent toutes deux à Paris, au musée du Louvre ?

Une des raisons pour lesquelles ce thème reste peu abordé est parce qu’il est difficile de trouver une délimitation au sujet, surtout suivant la période sur laquelle on se concentre – par exemple le plus on remonte dans le temps le plus on se retrouve face aux problèmes de colonisation.

Cependant, si comme moi vous êtes curieux d’en savoir plus sur les plus grands cas de vols d’œuvres d’art dans le monde, je vous suggère de commencer avec les recherches de Noah Charney, avec cette vidéo d’Arte, Le vol de La Joconde ou encore avec un film court d’archives dans cette vidéo en anglais.


“Imagine a Museum of Lost Art. It would contain more masterpieces than all the world’s museums combined.”

The French Institute in Scotland hosts, from time to time, visual art exhibitions with French artists or around themes related to France and its culture. France counts numerous famous artists, both past and present, and its art history is a goldmine. However, there is a specific subject that has always intrigued me and remains yet little examined when learning about Art History: criminality within the Art world.

Art is often associated with money and the concept of ‘wealth’. Often called ‘treasures’ when it is antique or ‘investment’ when it is contemporary, Art can call for lust and can lead to a form of criminality such as forgeries or thefts.

This is not a new concept and has been witnessed throughout history (World War II is a very interesting period to study if one is interested in art thefts – I would also recommend watching The Monuments Men film). After reading the articles and books of Noah Charney, founder of ARCA (Association for Research into Crimes against Art), one can discover (or rediscover) numerous cases of art thefts among which some occurred in France and remains up to this day very little known or remembered.

Have you for example heard of the two cases that took place in Paris at the Louvre museum: the Mona Lisa theft in 1911 by the Italian handyman Vincenzo Peruggia and the ‘affaires des statuettes’ (involving both Guillaume Apollinaire and Pablo Picasso) in 1907 stolen by Apollinaire’s secretary, Honore-Joseph Gery Pieret?

One of the reasons why this subject is difficult to research is because it is hard to define a limitation to the topic, especially in regards to the time period being studied – for example, the further we go back in time the further the line becomes blurry with the issues linked to colonisation.

However, if like me you are curious about art thefts and want to know more about famous cases, I suggest you start with Noah Charney’s research or with this video made by Arte, the theft of Mona Lisa (video in French) and some archival footage (video in English) of the theft headlines.


©Article par Solange Daufès


Dimanche 29 mars 2020 – The Future Sound of Paris

This is not a joke - on the 1st of April 2016, a gas explosion occurred at number 6, Rue de Bérite in central Paris. It destroyed the building, and damaged several surrounding it. Out of this, a new, forward-facing, future sounding, retro-referencing, music genre was born. This is the story of Bérite Club Music.

Damaged in the explosion was a neighbouring music studio, used for, amongst other things, a weekly live stream of French DJs giving it their all in front of a manic green-screen background. Famed for its diverse and contemporary programming, it was ritual to tune in once a week and hang out in the chatroom, while enjoying the great music selection. But for those lucky enough to live locally, the studio was open-access and they could enjoy the sounds in person, as well as meet the people behind them.



©L. Audin

You could hardly think of a better school. Together, some of these visitors collaborated, corroborated, and conspired together to form a little community. Of course, they all had an interest in music and made their own, and began sharing with each other - this time over the internet. You have this perfect melting pot of passion, talent, and collaboration. They were pumping out tunes for each other, but it was time for the world to hear what the Parisian underground had been up to. The label Paradoxe Club was born, and the sound of Bérite with it.

Today, Paradoxe Club are 11 releases deep from 4 different artists - mainly from the stalwarts of the label De Grandi, Le Dom, and Sunareht, but also featuring an EP from Doline as their most recent release. But what does it actually sound like?

Bérite pulls from a lot of influences - contemporary French rap, classic British grime, US Ballroom and city-based club sounds like Baltimore and Jersey, Brazilian Kuduro, but we’ll take a little focus on the classic French influence.

In 1995, Thomas Banglater started a small club label named Roulé, which would go on to define the sound of ‘French Touch’. Singles like ‘Club Soda’ and ‘Together’ (a collaboration with DJ Falcon) were hits in the underground, with one major crossover hit in ‘Music Sounds Better With You’. The songs were musically defined by a few things, but most prominent were samples taken from sources like Claude François and Chaka Khan, that were then chopped and screwed with to fit the new, dance floor focussed vision. The other stand out feature was, of course, the massive sweeping filters. Banglater went on to take over the world as one half of Daft Punk, but his is a story for another day.



©De Grandi, Birol, Le Dom, Sunareht. RinseFrance Instagram

Taking the music of Sunareht today - here the sampling nature is taken to an extreme, with who-knows-what chopped and sequenced into this blippy, focused sound you won’t hear anywhere else, yet it’s still strangely recognisable. Clearly inspired by the Parisian club artists of yore, Sunareht transforms what sounds like nothing into something immense.

De Grandi takes a more futuristic approach, using the sound design of his synthesisers to create positive and uplifting walls of sound backed up by driving rhythms. While the dots don’t instantly connect, his work is still clearly a French sound, and it comes through his use of melody - it’s always positive, major, danceable.

You can also look to the smaller edits released on Soundcloud if you want a plain and striking image of the influences - ‘Call On Me’, ‘Intro’ by Alan Braxe & Fred Falke, ‘Les Démons De Minuit’, all have all been given the Bérite touch by the artists.

These sounds are speaking to people today, being heard, not just in Paris but worldwide. You could have seen De Grandi in Edinburgh next month, had the gig not fallen victim to the sweeping cancellations of COVID-19. He - along with his compatriots - will be back, you can be sure.



Ceci n’est pas une blague : le 1er avril 2016 une fuite de gaz provoque une explosion au numéro 6 de la rue de Bérite dans le centre de Paris. Cette explosion détruit le bâtiment entier et en fragilise d’autres dans les environs. Malgré ce drame, l’explosion donne également naissance à un nouveau genre musical qui se veut futuriste, tourné vers l’avenir tout en étant imprégné d’influences rétro. Voici l’histoire du club de musique Bérite.

Un studio de musique est endommagé dans l’explosion : celui-ci diffusait chaque semaine, entre autre, des performances en direct de DJs français postés devant un écran vert. Connu pour son programme diversifié et contemporain, le public avait l’habitude de se connecter une fois par semaine sur la conversation en ligne de ce studio afin d’échanger tout en écoutant la programmation musicale d’excellente qualité. Pour les chanceux qui vivaient près du studio, c’était également un endroit ouvert au public où tout le monde pouvait se rendre afin d’écouter de la musique et rencontrer les artistes.

Il n’y a pas de meilleur moyen pour apprendre. Certains visiteurs, après s’être rencontrés au studio, ont décidé de collaborer et de créer une petite communauté partageant les mêmes passions. Ayant tous un intérêt pour la musique, ils commencent à créer leurs propres sons et à échanger leurs créations à travers internet. Avec un parfait mélange de passion, talent et collaboration, ils produisent rapidement et fréquemment de nouvelles mélodies pour eux-mêmes ; mais il était temps pour le reste du monde de savoir ce que la scène underground parisienne avait en préparation. Le label Paradoxe Club est ainsi né, et le son de Bérite avec.

Aujourd’hui, Paradoxe Club a sorti 11 albums de 4 artistes différents, fidèles à la maison: De Grandi, Le Dom et Sunareht. Un EP de Doline a aussi été produit plus récemment. Mais à quoi ressemble le style Bérite ?

Bérite est une combinaison de plusieurs influences musicales : de rap français contemporain, de grime britannique, de danse de bal américaine, des sons de clubs de villes américaines comme Baltimore et Jersey, du kuduro brésilien. Mais nous allons nous pencher davantage sur les influences françaises.

En 1995, Thomas Banglater fonde un petit label qu’il appelle Roulé, qui par la suite redéfinira le son French Touch. Des titres comme ‘Club Soda’ ou ‘Together’ (en collaboration avec DJ Falcon) deviennent des hits de la scène underground, avec un titre qui rencontre le succès grand public, ‘Music Sounds Better With You’. Sur le plan musical, les chansons sont définies par quelques éléments, mais les plus importants sont des extraits tirés de sources comme Claude François et Chaka Khan, adaptés à la vision plus moderne et centrée sur le dance floor. L’autre élément important était l’effet de balayage appelé ‘sweeping filter’. Banglater rencontre ensuite le succès international en tant que membre du groupe Daft Punk, mais voilà une histoire pour un autre jour…

En s’attardant sur la musique de Sunareht aujourd’hui, on se rend compte à quel point de nombreux morceaux sont extraits et ajoutés dans ce grand mélange caractérisé par ses bips fréquents. Vous ne trouverez ce style nulle part ailleurs, et celui-ci est tout à fait identifiable à Sunareht, qui mélange sons insignifiants et oeuvres de la scène club parisienne d’antan pour en faire de nouveaux grands chefs d’oeuvre musicaux.

De Grandi adopte une approche plus futuriste, en utilisant les sonorités de ses synthétiseurs pour créer des sons positifs et entrainants soutenus par des rythmes prenants. Même si le lien n’est pas immédiat, ce travail est clairement français, et cela se ressent dans l’usage de la mélodie, toujours positive et se prêtant à la danse.

Vous pouvez aussi profiter de titres plus succincts sortis sur Soundcloud, si vous voulez un aperçu simple des influences premières de ce style : ‘Call On Me’, ‘Intro’ par Alan Braxe & Fred Falke’, ‘Les démons de minuit’ ont tous reçu la touche Bérite par ces artistes.

Ces tubes sont de nos jours entendus à travers le monde entier. Vous auriez pu voir un concert avec De Grandi ici à Edimbourg le mois prochain, si celui-ci n’avait pas été annulé à cause du COVID-19. Pas d’inquiétude, De Grandi – ainsi que ses compatriotes – seront de retour !

©Article par Hamish Leeson


Samedi 28 mars 2020 – Paul Gauguin Vision of the Sermon (Jacob Wrestling with the Angel) 1888, oil on canvas, National Galleries of Scotland


©Photography by Antonia Reeve, National Galleries Scotland, Vision of the Sermon (Jacob Wrestling with the Angel), 1888, Paul Gauguin

The present article is part of a series exploring French art in The City of Edinburgh museums and focuses on the famous painting called “Vision of the Sermon” by the French post-impressionist Paul Gauguin. Currently, at the National Galleries of Scotland in Edinburgh, the canvas reflects the spirituality, for which the enfant terrible of painterly symbolism longed during his travels to Brittany, South America, and French Polynesia, while breaking free from the positivist attitude of the impressionist painting.

En quête turbulente d’une spiritualité de symboles magiques et religieux, Paul Gauguin fut avant tout un aventurier assoiffé de la vie. C’est cette même recherche qui l’a amené aux paradis terrestres dans les quatre coins de la terre, dont Pont Aven en Bretagne où règne une nature vierge, en quelque sorte exotique à ses yeux de commerçant parisien. C’est de ses conversations in situ avec l’artiste Emile Bérnard que naît le style de peinture synthétique qui inspirera tant Matisse par la suite lors des rétrospectives posthumes mise en place par le marchand d’art Ambroise Vollard.

Les pieuses villageoises se rassemblent devant la scène de lutte entre Jacob et l’ange (Genèse, 32:22-32) relatée lors du sermon. Cette vision est comme noyée dans une marée d’un rouge flamboyant. D’une modernité inédite, Gauguin tourne son regard vers un monde intérieur, ce qui rend à la peinture sa charge émotionnelle. Ainsi ce tableau est le premier à manifester les principes du symbolisme pictural par ses lignes synthétiques, l’usage expressif du rouge en aplat contestant l’impressionnisme quant à lui établi sur l’observation, et une qualité décorative de la toile dans sa platitude.

Les habitants des lieux reculés et les cultures indigènes ont attiré Gauguin par une innocence primitive supposée qu’il ne cessera de poursuivre en Amérique du Sud, à Tahiti où il est décédé, laissant derrière lui une réputation qui aujourd’hui s’inscrit dans certains débats postcoloniaux, non sans mentionner l’aspect féministe du critique. De nos jours, le peintre excentrique n’apparaîtrait-il pas comme l’archétype des générations de plus en plus fascinées par le voyage?

©Article par Faika Cansin Stewart

Bibliographie
- Lemoine, Serge. 2010. L’art moderne et contemporain: peinture, sculpture, photographie, graphisme, nouveaux médias. Paris: Larousse, p.16
- Mendelsohn, Meredith. « Why Is the Art World Divided over Gauguin’s Legacy? », Artsy, [en ligne], consulté le 23 mars 2020. URL
- Verdier, Philippe. « GAUGUIN PAUL - (1848-1903) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mars 2020. URL



Jeudi 26 mars 2020 - La culture française en virtuel. French culture, virtually

Pourquoi ne pas profiter de votre confinement pour continuer à explorer la culture française? Des petits éléments positifs viennent égayer du mieux qu’ils peuvent les journées des français confinés, et vous pouvez en profiter! L’Institut Français ne pouvant vous faire profiter de son offre culturelle pour le moment, nous vous invitons à vous tourner vers les nombreuses institutions culturelles française qui proposent une partie de leur contenu en ligne, et ce gratuitement ou à prix réduit.

Why not use this quarantine to continue exploring French culture? Small positive elements are brightening as best as they can the daily life of French people under lockdown, and you can enjoy them as well! The French Institute is currently not able to present you its cultural offer, but we invite you to turn to the many French cultural institutions that are offering part of their content online, and this for free or at a reduced price.

L’opéra national de Paris a mis en place l’opération, #lOperaChezSoi et met en ligne divers opéras à intervals réguliers. Sont programmés, entre autre: Don Giovanni, Le Lac des Cygnes, Le Barbier de Séville, Les Contes d’Hoffmann et Giselle. Ces opéras sont diffusés avec des sous-titres français. La liste complète se trouve sur le site de l’opéra de Paris. Bien que les vidéos soient bloquées sur le site au Royaume-Uni, elles sont disponibles sans restrictions de géolocalisation sur la page Facebook de l’opéra.

The National Opera of Paris has launched the operation #lOperaChezSoi (Opera at home) and uploads diverse operas regularly. The ones scheduled are, among others: Don Giovanni, Swan Lake, The Barber of Seville, The Tales of Hoffmann and Giselle, and they are broadcasted with French subtitles. You can find the complete list on the website of the Opera de Paris. Even though the videos are blocked on the website for the UK, they are available without any location restrictions on their Facebook page.

De même, le Musée du Louvre vous propose un bel aperçu de ses richesses avec le #LouvreChezVous. Vous pourrez analyser en détails plusieurs oeuvres emblématiques du musée, de plus près qu’il n’est possible sur place, et profiter d’enrichissantes explications d’experts. Rendez-vous sur le site internet du musée pour commencer à explorer. D’autres musées et institutions ont suivi, comme le Centre Pompidou ou la Bibliothèque Nationale de France. Rendez-vous aussi sur le site de Paris Musées, qui diffuse gratuitement et sans restriction de géolocalisation plus de 100 000 reproductions numériques d’oeuvres des collections des musées de la ville de Paris.

Likewise, the Louvre is offering a nice overview of its rich content with the #LouvreChezVous (Louvre at your place). You can analyse in detail many emblematic artworks, and enjoy experts’ explanations. Visit the museum’s website to start exploring. Other museums and institutions decided to offer the same online accessibility such as the Centre Pompidou or the National Library of France. You can also visit the website of Paris Musées which broadcasts more than 100,000 numerical reproductions of pieces of art from diverse museums of the city of Paris, without any restrictions.


©Screenshot Paris Musées

Plus cocasse, le Grand Palais a mis en ligne une exposition virtuelle sur les chats dans l’histoire de l’art. Cette exposition est disponible après téléchargement d’une application payante (deux euros) depuis le site du Grand Palais.

Quirkier, the Grand Palais had uploaded a virtual exhibition oncats in art history. It is available on an app that you can download for 2€ from the Grand Palais’ website.

Enfin, le domaine de la littérature n’est pas en reste: Hachette, Larousse, Didier Jeunesse et d’autres éditeurs ont mis en place diverses initiatives pour donner accès à une multitude de ressources en ligne. Si vous êtes intéressés, rendez-vous sur le site de Hachette pour plus de détails.

Finally, the literary field is not outdone: Hachette, Larousse, Didier Jeunesse and other publishing companies have set up diverse initiatives to give free access to many online resources. If you are interested, visit Hachette’s website to get more details.

En espérant vous revoir tous au plus vite à l’Institut pour pouvoir partager cette culture française qui nous lie tous, bonnes explorations virtuelles à tous!

Hoping to see you all as soon as possible at the Institute to continue sharing this French culture that links us all; have a great virtual exploration in the meantime!

©Article par Mathilde Soubeyran


Jeudi 26 mars 2020 – Idées de musiques et/ou groupes francophones à écouter chez soi

Rester chez soi peut s’avérer ennuyeux après un certain temps et il est nécessaire de varier occupations et plaisirs afin de rester occupé (très important pour le moral également !). Comme nous ne pouvons malheureusement pas vous offrir de concerts à l’Institut en ce moment, nous souhaitons vous proposer quelques idées de musiques françaises et/ou francophones à écouter chez vous. Retrouvez ici chaque semaine de nouvelles suggestions musicales et n’hésitez pas à nous faire partager vos coups de cœurs et chansons françaises favorites !

You can easily feel bored when staying at home and wonder what new activity you could try. During this difficult time, it is important to vary your entertainment and activities to remain occupied (very healthy for your moral too!). As we unfortunately cannot offer music concerts at the Institute anymore (until further notice), we wanted to offer you suggestions of French and Francophone music to listen to from home. Don’t hesitate to share with us your favourites!

©Deluxe

Deluxe (Moustache)
Ce groupe français formé de six amis venant d’Aix-en-Provence (Sud de la France) propose de la musique hip-hop, funk et électro, de quoi mettre de l’ambiance ! Pourquoi on les aime ? Leur côté décalé, leur look, la voix de la chanteuse, leur sens de l’humour… ils ont tout pour nous faire passer un bon moment et vous faire oublier le confinement. Avec plusieurs chansons disponibles sur Youtube ou sur Spotify, vous pouvez être sûr de découvrir l’étendue de leur univers.

This band is formed of six friends coming from Aix-En-Provence (South of France) and offers a mix of hip-hop, funk and electro influences music. Why do we like them? For their out-of-the-ordinary looks, for the singer’s voice, for their sense of humour… everything that you need to have a good time at home and forget the isolation! Their songs are available on Youtube and Spotify so feel free to discover the extent of their universe.


©Moriarty

Moriarty
Ce groupe franco-américain prend son nom en référence à Dean Moriarty le héros de On the Road par Jack Kerouac. Jouant du folk, du country, du blues et du rock acoustique, ce groupe risque de vous surprendre.

This Franco-American band takes its name from Jack Kerouac’s On the Road hero. With a mixture of folk, country, blues and acoustic rock, this group is going to surprise you.



©Tété

Tété
Né au Sénégal, ce chanteur pop-folk propose des chansons en français avec des influences de blues. Une voix posée, une mélodie relaxante, la combinaison parfaite pour passer un bon moment de détente.

Born in Sénégal, this pop-folk singer offers French bluesy songs. With his calm voice and soothing melodies, you have the perfect combination to spend a relaxing afternoon.

Lyrics in French:
Posté devant la fenêtre je guette
Les âmes esseulées à la faveur de l’automne
Posté devant la fenêtre, je regrette
De n’y avoir songé maintenant que tu abandonnes
À la faveur de l’automne revient cette douce mélancolie
Un, deux, trois, quatre, un peu comme on fredonne
De vieilles mélodies
Rivé devant le téléphone j’attends
Que tu daignes m’appeler, que tu te décides enfin
Toi, tes allures de garçonne rompiez un peu la monotonie
De mes journées, de mes nuits
À la faveur de l’automne revient cette douce mélancolie
Un, deux, trois, quatre, un peu comme on fredonne
De vieilles mélodies
À la faveur de l’automne tu redonnes à ma mélancolie
Ses couleurs de super-scopitone
Oh, oh, oh, à la faveur de l’automne
Oh oh, à la faveur de l’automne, oh
À la faveur de l’automne, oh
Comment ai-je pu seulement être aussi bête?
On m’avait prévenu, voici la vérité nue
Et là, et là, manquerait plus que le mauvais temps s’y mette
Une goutte de pluie et j’aurais vraiment tout perdu
À la faveur de l’automne revient cette douce mélancolie
Un, deux, trois, quatre, un peu comme on fredonne
De vieilles mélodies
À la faveur de l’automne, tu redonnes à ma mélancolie
Ses couleurs de super-scopitone
Oh, oh, oh, à la faveur de l’automne




©Jean Rondeau

Jean Rondeau
Cette semaine, la deuxième édition de notre festival Harpsichord en fête aurait dû avoir lieu à l’Institut français d‘Ecosse à Edimbourg. Malheureusement nous avons dû annuler cette édition mais nous vous promettons de faire revivre le festival très prochainement. Nous étions chanceux de recevoir Jean Rondeau pour l’ouverture du festival l’année dernière et recommandons à tous ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de venir voir son concert de jeter un œil sur la musique de clavecin à travers ses vidéos. Impossible de ne pas succomber ! Et si nous vous avons convaincu, nous sommes impatients de vous voir au prochain festival !

This week was supposed to see the second edition of our Harpsichord en fête festival taking place in Edinburgh at the Institute. Unfortunately, this edition had to be cancelled but we will be bringing the festival back to life very shortly! We were lucky to welcome Jean Rondeau for the launch of the festival last year and we recommend to everyone who could not assist to the concert to watch his videos online and discover the harpsichord music. If we have convinced you, we look forward to seeing you at the next festival’s edition!

©Article par Solange Daufès

Jeudi 26 mars 2020 – Thank you Nick Green! Merci Nick Green !

Le dramaturge Nick Green a lancé un nouveau rendez-vous virtuel pour les artistes qui ont récemment eu leurs spectacles annulés à cause de la situation incertaine dans laquelle nous nous trouvons (opéra, ballet, théâtre, etc.). The Social Distancing Festival est un site internet réunissant des artistes à travers le monde entier et leur permettant de partager leur spectacle virtuellement afin de pouvoir continuer à célébrer leur travail et échanger avec d’autres artistes et institutions culturelles tout en restant chez soi. Vous pouvez vous-même voir de nombreux spectacles en ligne et découvrir de nouveaux artistes.

Rendez-vous sur le site internet du Social Distancing Festival et n’oubliez pas, si vous adorez, soutenez les artistes !

Playwright Nick Green has launched the Social Distancing Festival website virtually gathering a community of artists whose work has been affected by the current uncertain situation (opera, ballet, theatre, etc.). Social distancing, unfortunately, means that most plays, concerts, shows, and any cultural performance had to be cancelled, which is such a frustrating feeling for artists who are not able to share and celebrate what they have been working for and practising for a long time. Nick Green decided to act and launch this international project to enable artists to keep sharing their work and develop their creativity by being virtually involved in this international artistic community.

Follow The Social Distancing Festival project here, and if you love it, don’t forget to support the artists!


©Article par Solange Daufès. Seen on BBCNews.

Institut Français Écosse 2020