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History


Dimanche 5 avril 2020 – La Grande-Motte’s curious architecture

As none of us can travel at the moment, we have decided to make you travel through France via our blog. Last week, my colleague Jordan was presenting the city of Chamonix through an historical perspective. As I do not want to be too mean with you and make you drool on any of the many beautiful French cities there are, I chose to present the not-to-everyone’s-taste city of La Grande-Motte, in southern France, through an architectural perspective.

Comme personne ne peut voyager pour le moment, voyageons à travers ce blog. La semaine dernière, mon collègue Jordan vous présentait Chamonix sous un angle historique. Je ne veux pas trop être dure envers vous en vous faisant saliver d’envie, et vous présente donc aujourd’hui une ville qui divise, La Grande-Motte, sous une perspective architecturale.



Until the beginning of the 60’s, the economy of the southern region of Languedoc-Roussillon rested mostly upon viticulture, which had known a crisis since the beginning of the century. Under-industrialised, without any energy resources nor raw materials, and with most of the meditarrenean tourism monopolised by Spanish littorals, the government of Georges Pompidou under Charles de Gaulle launches a great program of restructuring of the mediterranean littoral.

Jusqu’au début des années 60, l’économie du Languedoc-Roussillon reposait principalement sur la viticulture, qui connaissait une crise depuis le début du siècle. Sous-industrialisée, sans ressources énergétiques ni matières premières, et l’Espagne accaparant le tourisme balnéaire méditerranéen, le gouvernement Pompidou de Charles de Gaulle décide de lancer un grand programme de restructuration du paysage languedocien.

The project “Racine” started in 1963, and had to answer many concerns, such as the extermination of mosquitoes that proliferated in the area, or the drying of the lands which were mostly swampy. The landscape of Languedoc-Roussillon is therefore refocused around five new touristic cities created ex-nihilo: La Grande-Motte, le Cap d’Agde, Gruissan, Leucate-Barcarès and Saint-Cyprien. Another great initiative becomes necessary: building roads linking these new cities.

Le projet “Racine” commence en 1963 et a dû faire face à plusieurs obstacles, comme à la démoustication et à l’assèchement des terres marécageuses. Le paysage languedocien se concentre autour de cinq stations balnéaires créées ex-nihilo: La Grande-Motte, le Cap d’Agde, Gruissan, Leucate-Barcarès and Saint-Cyprien. Une autre entreprise colossale est nécessaire: la construction de nouvelles routes reliant ces villes entre elles.



The architect chosen for La Grande-Motte was Jean Balladur, whose choices for the city were and are still castigated. His work is characterised by pyramidal buildings, which according to Balladur, have the advantage of depriving less people from good sunshine exposure and give everyone a different point of view. It also makes a soft transition between the sea and the mountains of the Cévennes, situated not far away. He claims to have taken inspiration from the pre-columbian pyramids and the modern architectures of Brazil he had visited.

L’architecte choisi pour La Grande-Motte est Jean Balladur, cousin d’Edouard Balladur, et dont les choix architecturaux divisent toujours à ce jour. Son travail se caractérise par des immeubles pyramidaux, qui, selon lui, permettraient à plus de locataires de profiter d’une bonne exposition au soleil, et de donner à tous un point de vue différent. Ces pyramides permettent aussi une transition douce entre la mer et les montagnes des Cévennes situées non loin. L’architecte indique s’être inspiré des pyramides de l’époque pré-colombienne et des exemples d’architecture moderne du Brésil qu’il a visités.


©Construction de La Grande-Motte

In 2010, the city of la Grande-Motte received the label for “Patrimoine of the 20th century”, and it now receives around 120,000 visitors every year for 9,000 permanent inhabitants. The main attractions of la Grande-Motte are 1) of course, the mediterranean sea and its beaches, 2) its golf, designed by the American Robert Trent Jones and which is the first “floridian” type golf in Europe 3) its casino.

En 2010, la ville a reçu le label du “Patrimoine du 20ème siècle”. Elle reçoit chaque année environ 120.000 visiteurs pour 9000 habitants à l’année. Les attractions principales de La Grande Motte sont 1) ses plages 2) son golf, imaginé par l’américain Robert Trent Jones, premier golf de type “floridien” en Europe 3) son casino.

The city is also split into two neighbourhoods, the “Levant” (rising sun), which with its square buildings, represents the masculin, and the “Couchant” (setting sun), with more curved buildings, represents the feminine. The Great Pyramid, in the middle, unifies the two neighbourhoods and is the symbol of the city.

La ville est divisée en deux quartiers, le Levant et le Couchant. Le Levant, avec ses pyramides carrées, représente le masculin, et le Couchant, aux pyramides plus courbées, représente le féminin. La Grande Pyramide, au centre, réunit ces deux quartiers et est le symbole de la ville.


©La Grande Pyramide in the 70’s.

©Article par Mathilde Soubeyran


Vendredi 3 avril 2020 – Les exils de Napoléon


©Napoléon sur l’île d’Elbe

Il y a exactement 200 ans, Napoléon était en exil sur la petite île de Sainte Hélène. Il s’agissait alors du second exil de l’ancien Empereur, après avoir passé un peu moins d’un an sur l’île d’Elbe en 1814. A quoi ressemblaient ces exils ? Étaient-ils semblables ? Voyageons ensemble vers ces lieux qui ont forgé la légende napoléonienne.

En 1814, vaincu, Napoléon se retrouve nommé Prince de l’île d’Elbe par les Anglais. Une humiliation pour celui qui avait alors régné sur toute l’Europe. L’île est petite, proche de l’Italie, et certains jours Napoléon peut même apercevoir sa Corse natale au loin. Un exil au goût amer, que Napoléon se résigne à embrasser avec conviction. Comme un monarque, il se met alors à moderniser les infrastructures de l’île, son système d’évacuation des déchets, et apporte à l’île le vent de modernité qu’il voulait jadis appliquer à toute l’Europe. Il disposait de deux résidences : l’une dans la ville principale, Portoferraio, l’autre perchée sur les collines au milieu de l’île.

Mais au bout de dix mois, l’ennui s’empare de Napoléon, et le voilà qui s’échappe vers les côtes françaises : c’est le "Vol de l’Aigle", au terme duquel il reprend le pouvoir à Paris. Commencent ainsi les Cent Jours, qui se terminent par la défaite de Waterloo et l’exil définitif.

Cette fois-ci, les Anglais envoient Napoléon très loin, là où il ne pourrait jamais revenir : la petite île de Sainte Hélène, au milieu de l’océan atlantique sud. Dans la villa de Longwood gardée par des soldats, cet exil ressemble plus à un emprisonnement. Napoléon s’ennuie évidemment à nouveau, mais profite de cette période pour écrire ses mémoires, et ainsi contribuer à la naissance du mythe napoléonien encore aujourd’hui très fort. Malade, déprimé, Napoléon s’éteint le 5 mai 1821. Sa dépouille sera transférée aux Invalides, à Paris, en 1840.

Si le coeur vous en dit, et avec beaucoup de détermination, de temps et d’argent, vous pouvez désormais visiter ces deux îles, en arrivant par bateau ou avion. Les domaines nationaux de Sainte Hélène sont propriétés françaises, administrées et maintenues par notre Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

L’auteur de cet article, Jordan Girardin, a rédigé un mémoire de recherche sur le retour de Napoléon après son exil de l’île d’Elbe, disponible dans la bibliothèque numérique de la Fondation Napoléon. Nous avons également eu le plaisir de recevoir Charles-Éloi Vial à l’Institut en 2019, qui a écrit de nombreux ouvrages sur l’histoire napoléonienne, dont un sur l’exil à Sainte Hélène.


©Maison de Longwood sur Ste Hélène

This time 200 years ago, Napoleon was in exile on the tiny island of St Helena. That was the Emperor’s second and last exile, after the one on Elba in 1814. What did these two periods look like? Were they similar? Let us travel together to the places that led to the birth of the Napoleonic myth.

In 1814, as he was defeated, Napoleon was named ruler of Elba by the English - a humiliating move for the former Emperor who used to rule all over Europe. The island of Elba was small, close to Italy, and on a clear day Napoleon could see his native Corsica in the distance. Nevertheless he decided to embrace this bitter-sweet exile and tried to modernise the island, its infrastructures, sewage system, and soon brought the kind of modernity that he had wished to bring to the whole of Europe. He split his time between his residence in the town of Portoferraio, and his summer residence nestled up in the hills.

After ten months, it was clear that Napoleon needed to return to the continent. This is what he did during the so-called ‘Flight of the Eagle’. In March 1815 he seized power in Paris again, which kicked off the famous One Hundred Days, at the end of which he lost at Waterloo and braced himself for the final exile…

This time, Britain sent Napoleon much farther, somewhere he could never return from: the tiny island of St Helena in the middle of the South Atlantic. Stuck in a villa called Longwood, constantly guarded by British soldiers, Napoleon knew this exile looked far more like a time in prison. He used this time to write his memoirs and therefore create the Napoleonic myth, which is still strong nowadays. Napoleon died on 5 May 1821, after a long battle with illness and depression. His remains were brought back to Paris in 1840.

If you have the will, determination, time, and money to do it, you can visit either of these two islands by boat or plane. Longwood is part of the French national properties on Saint Helena, managed and maintained by our Ministry for Europe and Foreign Affairs since 1858.

This article was written by our colleague Dr Jordan Girardin, who wrote a dissertation on Napoleon’s return from Elba. It is available (in French) in the Napoleon Foundation’s digital library. In 2019, we also had the pleasure of welcoming Charles-Éloi Vial to the Institut, who wrote numerous books on the Napoleonic period, including one on Napoleon’s time on St Helena.


©Article par Dr Jordan Girardin


Vendredi 27 mars 2020 - Les premiers Jeux Olympiques d’Hiver à Chamonix



Alors que le Covid-19 a mis abruptement fin à la saison de ski et à nos espoirs de suivre les Jeux Olympiques cet été, arrêtons-nous un instant sur les premiers Jeux Olympiques d’hiver, tenus en 1924 à Chamonix-Mont-Blanc. L’attractivité touristique de la France, déjà bien en place à l’époque, a joué un rôle crucial dans la tenue de ces jeux à Chamonix.

Si vous visitez Chamonix, en hiver comme en été, vous voilà confrontés à un unique mélange : d’un côté, une véritable ville, avec son architecture urbaine et ses rues piétonnes remplies, et de l’autre une culture authentique de la montagne, de l’alpinisme, au pied du majestueux Mont-Blanc et de la vertigineuse Aiguille du Midi. Chamonix a su devenir une véritable ville à la montagne, authentique, et non une station touristique. Il faut dire que depuis 1740, Chamonix accueille des passionnés de la montagne, novices ou experts, venus s’essayer à la vie à la montagne : y observer la faune et la flore, se retrouver nez-à-nez avec des phénomènes naturels uniques (glaciers, avalanches), et s’essayer à l’ascension de certains pics. Beaucoup tentent de dompter le Mont-Blanc ; celui-ci est enfin conquis en 1786 par Paccard et Balmat, un médecin et un guide locaux.

La rivalité pour devenir reine des Alpes est forte avec la Suisse voisine, qui elle aussi développe depuis des décennies une culture de la montagne ; des stations comme St Moritz ou Zermatt ont pris plus tôt le tournant des sports d’hiver (bobsleigh, luge puis enfin ski) alors que Chamonix continue de jouer sur l’alpinisme. Alors que les premiers JO d’été modernes sont tenus à Athènes en 1896, l’idée d’organiser une semaine internationale des sports d’hiver fait son chemin. Le verdict tombe : Chamonix accueillera les premiers jeux en 1924. Les suivants, en 1928, se tiendront à St Moritz.

Tenir les premiers jeux à Chamonix, c’est rendre hommage à ces pionniers du tourisme alpin pour qui Chamonix était devenu la seule et unique destination alpine réunissant toutes les expériences les plus emblématiques de la montagne. En 1921, le conseil municipal décide même de renommer la commune “Chamonix-Mont-Blanc” : un dernier geste qui montre que Chamonix, tout comme l’ensemble des Alpes françaises de nos jours, vit au rythme de ses montagnes et a su profiter de l’élan de popularité exprimé par les élites européennes au XIXème siècle.

Avant de rejoindre l’équipe de l’Institut et consulat, Jordan Girardin était historien du tourisme à l’université de St Andrews ; sa thèse doctorale s’est intéressée à l’histoire des premiers mouvements touristiques dans les Alpes durant le Siècle des Lumières. En 2018 il était déjà venu à l’Institut pour présenter ses travaux. Vous pouvez également lire cet article en anglais pour plus d’informations.



Now that Covid-19 has brought the winter season to an early close and forced this year’s Summer Olympics to be postponed, let us stop for a minute and go back to the first Winter Olympics, held in Chamonix in 1924. France’s attractiveness in European travel played a key role to ensure Chamonix would be the first to organise such games.

When you visit Chamonix, at any time of the year, you may witness a subtle blend. On the one hand, you are in a genuine town, with urban architecture and bustling streets. On the other hand, everything revolves around mountain culture, in the shadow of the majestic Mont Blanc. Unlike many other places, Chamonix is not a mere resort, it is a real mountain town. Since the 1740s, Chamonix has welcomed travellers coming from all over Europe to experience mountains at their finest: discovering the local fauna and flora, witnessing specific aspects of mountain natures (glaciers, avalanches...). Many tried to climb up peaks, including the mighty Mont Blanc. The first successful ascent took place in 1786, by Paccard and Balmat a local doctor and his guide.

The struggle to become the Queen of the Alps was fierce; in nearby Switzerland, resorts like St Moritz and Zermatt had developed winter sports (tobogganing, bobsleigh, and eventually skiing) earlier than Chamonix, who preferred sticking to proper mountaineering. While the first modern Olympic Games were held in Athens in 1896, it became increasingly necessary to organise a winter sports equivalent. Chamonix was picked as place for the first Games of 1924. St Moritz would later host the second edition, in 1928.

Organising the first games in Chamonix was a relevant tribute to its position as a real pioneer town. In 1921, the town council decided to rename the town "Chamonix-Mont-Blanc": another form of tribute to the mountain that forged the town’s history. Just like Chamonix, the rest of the French Alps and indeed many other regions (the Côte d’Azur by all means) developed dramatically thanks to the way the European elites were fascinated by France’s beautiful landscapes in the 19th century.


Before joining the Institut and consulate team, Jordan Girardin was a historian of tourism at the University of St Andrews. In 2018 he presented his research at the Institut, shortly after we relocated into our new building. You can read more about the topic of the 1924 Winter Olympics here.

©Article par Dr Jordan Girardin

Institut Français Écosse 2020